France - Iles Marquises

France - Iles Marquises

Ensemble Kaipeka o te Kaikaiana

Publié le 08/03/2019
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Gauguin les a peintes, Brel les a chantées : les îles Marquises, autrefois baptisées Te Henua Enana (« la terre des hommes ») par les Maoris, sont une sublime source d’inspiration. Situées à quelques heures d’avion de Tahiti, ces trésors de la Polynésie française recèlent bien des surprises pour qui cherche à en percer le mystère. Culture, arts, faune et flore : le temps d’une journée, partez à la découverte de Nuku Hiva, la plus grande île de l’archipel des Marquises.

Les îles Marquises sont incorporées au territoire d'outre-mer de la Polynésie française en 1958, après la victoire du « oui » au référendum.

Le peintre Paul Gauguin a résidé sur cet archipel à partir de 1901. Il profita de son séjour pour défendre les droits des indigènes. Influencé par l'environnement tropical et la culture polynésienne, il a réalisé des sculptures sur bois et peint de nombreux tableaux. Il est enterré dans le cimetière d'Atuona.

Le chanteur Jacques Brel résida aux Marquises à partir de 1974. Il y composa son dernier disque : Les Marquises, et y fut inhumé. Sa tombe côtoie celle de Paul Gauguin. Il y fait d'ailleurs référence dans sa chanson de l'album homonyme Les Marquises

Des rayons d’or de lumière filtrent à travers les nuages ​​suspendus à des pics montagneux raides, créant une ambiance irréelle et subtile. Des îles luxuriantes et hautes émergent de l’océan Pacifique, c’est une terre d’histoires et de légendes, aussi fascinante qu’inoubliable. Bienvenue en « Terre des Hommes », les îles Marquises. Les Marquises sont situées à 1 500 km au Nord-Est de Tahiti et sont réparties sur 12 îles, dont seulement six sont habitées.

La langue marquisienne diffère réellement de la langue tahitienne, qui est par contre proche de celle des Tuamotu.

Culture différente, hommes différents, visages différents. La Nature abrupte a sculpté ces hommes, qui ont appelé leur archipel « Te Fenua Enata », Terre des Hommes. Ils ont érigé des statues et des sculptures monumentales, des tables de cérémonie pour leurs rites de cannibalisme.

Les tatouages sont eux aussi très différents de ceux pratiqués par les Tahitiens. On les reconnaît tout de suite, plus sombre, plus travaillés, millimétrés, plus chargés, ils célèbrent la beauté des animaux locaux, les armes de guerre. Les guerriers marquisiens portaient souvent un long tatouage à travers le visage, comme un bandeau sur les yeux qui partait des oreilles. Les chefs de guerre ne  portaient pas les mêmes tatouages que le peuple. Le fait de ne pas être tatoué empêchait de consommer de la chair humaine.

Le tatouage polynésien est lui, d’origine divine, destiné aux dieux, prêtres, rois, chefs et leurs descendants.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                 

Aux îles Marquises,  la musique et la danse n'ont jamais cessé d'être sacrées. Réduites à la clandestinité pendant des décennies, comme dans les autres archipels, elles furent sauvées par monseigneur Le Cleac'h, évêque des Marquises de 1970 à 1986, qui autorisa la musique maorie à entrer dans les églises. Il fut l'un des fondateurs de Motu Aka, une association réunissant trois îles de l'archipel, Nuku Hiva, Ua Pu et Hiva Oa, qui organise régulièrement le festival des arts marquisiens.

Les danses marquisiennes expriment un répertoire de légendes, comme celle de l'oiseau, alternativement douce et violente. Elles représentent des rites : "le  putu", la danse la plus sacrée, ne dure que quelques minutes, mais  ne peut pas s'exécuter sans le rituel qui la précède et qui la suit. C'est une danse de guerriers, réservée aux hommes qui se parent de feuilles. Sans accompagnement instrumental, les danseurs chantent avec des voix puissantes, des paroles qui n'ont pas changé depuis les origines. Autre danse marquisienne "le rari" masculine également, s'exécute aussi bien assis que debout, et consiste en mouvements des bras et du torse. Il s'agit d'une danse de groupe, contrairement au "hahi" et au "hota", solos intervenant à des moments déterminés du rituel. Toutes sont brèves. Pas plus de 20 mns, tant les chants sont éprouvants pour la gorge des exécutants.

Chaque famille est dépositaire d'une danse. Et, nul ne la danserait sans la participation d'un des membres de la dite famille. Même marque de respect à l'égard des vieilles femmes du village, auprès de qui on vient périodiquement recueillir les paroles de chants pourtant connus de tous ! Ce retour aux sources permet de rester au plus près des mots originels. Et des figures dansées : les aïeules viennent assister aux répétions et corrigent les écarts.

A Atuona, la critique, depuis quelques années, porte sur la jeunesse des danseurs. Pour rester dans la tradition, disent-elles, il faut des voix puissantes d'hommes et de femmes.

L'importance accordée aux sonorités vocales s'explique par le fait que la danse marquisienne est entraînée par les chants. Souvent, on supprime même les pahu, à l'exception du plus grand, celui qui donne le temps : la basse sur laquelle toutes les voix se recalent. Fabriqué dans un tronc évidé de Kuaiki, une sorte de badamier, le grand pahu, qui peut atteindre 2.5 m de hauteur, était jadis tendu d'une peau de requin, aujourd'hui remplacée par une peau de boeuf. Pahu rutu roa (tambour à long battement), était consacré à Tane, dieu de la Beauté. Nul ne pouvait le confondre avec le Pahu nui à te toa (grand tambour de guerrier) ni avec le pahu rutu ma'a na te opu nui (tambour à battre pour la nourriture des ventres augustes), qui avertissait la population que les prêtres avaient besoin d'offrandes pour le marae.

Ainsi, à chaque instrument doté d'une sonorité différente, les anciens attribuaient une personnalité. Tous étaient sacrés parce qu'ils avaient le don de transformer l'univers sonore. Leur fabrication  était l'apanage d'une catégorie de prêtres. De nos jours, certains musiciens façonnent eux-mêmes leurs tambours, issu d'un arbre vivant dont tout ou une partie pourrait faire un bon instrument. Ensuite, pour un to'ere, par exemple, il faut observer le trajet suivi sur l'écorce par le ruissellement des gouttes de pluie. A force de s'imbiber, cette partie du bois devient plus molle. Ce sera alors le ventre de l'instrument, l'endroit vulnérable où l'on creusera la fente. Le dos est la partie la plus dure et fera la résonnance.

Voilà donc un programme très vaste et coloré à souhait que nous interprétera la troupe de jeunes Marquisiens Kaipeka o te Kaikaiana !